Michèle Sales nous écrit...
On ne peut pas continuer comme ça d'Anne-Marie Garat : Une demi-heure à tuer le temps
Chaque lecteur de ce livre a l'impression de connaître les lieux décrits, on a l'impression d'être déjà passé près de cet endroit.
Le personnage veut sortir de sa vie banale, il cherche la solitude, il n'est pas bien dans sa vie. L'histoire vient peut-être d'une envie de l'auteur de s'arrêter un jour au bord d'une route ?
L'homme décide brutalement de s'évader au cœur de la forêt landaise, emporté par un petit air vif d'octobre, par des coulées d'odeurs sauvages de résine et d'humus. Une route, une maison, Jo. Mais qui est Jo ? Seulement un homme ou une facette de la personnalité de chacun ?
Sa mort est-elle la mort d'une face de l'autre personnage ?
Chaque personne peut s'échapper une fois dans sa vie pour fuir son destin.
Une demi-heure à tuer le temps qui s'échappe entre les pages, comme notre destin qui bascule.
La Dormition de Claude Chambard : Au bout du rêve.
Un homme, un torero, fou amoureux et totalement passionné par la Vierge, veut aller au bout de ses rêves. C'est un homme seul qui a créé son propre monde en parallèle du vrai. Il pense que la Vierge lui est promise, il décide donc de se laisser mourir à la prochaine corrida.
L'auteur intègre beaucoup de mots espagnols dans son texte pour le rendre plus vivant, plus authentique. Le début du livre est assez soutenu, dur. Alors que la fin est assez relâchée, et même parfois assez érotique.
C'est difficile de s'identifier aux protagonistes de cette histoire. Beaucoup de personnes aiment s'identifier aux héros pour essayer de s'évader de leurs vies de tous les jours, mais ici le personnage est maussade, la vie ne le passionne pas, il a envie de mourir. Ce livre est donc plutôt dédié à un public qui aime les histoires mystérieuses et religieuses.
Enfance de Fantah Touré : Comme si de rien n'était
Dés le début Fantah Touré nous plonge dans le paysage réel et neutre de l'Afrique, objectivement.
Nous pouvons ressentir l'amour maternel, la chaleur des couleurs, qui sont le reflet des émotions et des sentiments de l'enfant Cheikh, et de celles du lecteur.
Au cours de l'histoire nous percevrons des couleurs de plus en plus sombres lorsque les sentiments noircissent en fonction de la mélodie de l'histoire. Assimilée à des battements de cœur, elle nous mène de rebondissements en rebondissements jusqu'au dernier battement.
Cependant, à travers une vingtaine de pages, nous manquons de temps pour s'attacher aux personnages et en particulier à Cheikh, ce qui instaure une certaine distance, et une forme d'impuissance. Nous ne pouvons pas agir sur son destin tragique.
Fantah Touré nous dévoile une image de l'Afrique comme si de rien n'était.
Pourtant ce livre a été pour nous une réelle prise de conscience, et nous le conseillerions aux adolescents et préadolescents.
Vous pouvez retrouver
là un reportage sur l’ensemble de ce travail. Grand merci à Michèle et aux enseignants, et grand bravo à ces jeunes critiques.